Le travail de ces deux amis de plus de 40 ans se croise a de nombreuses reprises. L'empreinte répétée de traces de pinceau " couleur après couleur " pour Meurice depuis 1960 et sa fameuse forme sans cesse réinventée pour Viallat depuis 1966. " On reconnaîtra dans le travail [de J-M. Meurice], depuis l'origine, une œuvre construite pour ne céder en aucune façon à l'éphémère, l'immanence, la dissolution des formes et des idées qui agitent les sphères artistiques."
P-L. Rossi
Pour C. Viallat " la peinture est une chose à recommencer. Peindre consiste à poser des questions élémentaires, à reprendre et expérimenter pour son propre compte des processus artistiques originels."
F-R. Martin
Pour Meurice l'ambition de retrouver cet état du Voyageur de l'impossible si cher à Victor Segalen pourrait expliquer les usages variés et répétitifs de lignes multicolores et chez Viallat " la peinture [qui] est quelque chose d'essentiellement nomade ", expliquerait l'abandon de la toile tendue sur le châssis.
Leurs œuvres picturales partagent un usage de " la couleur (…) portée à son intensité à la surface de son support " (B. Ceysson à propos de C. Viallat) et qui procède par glissements pour amener à la surface la couleur liquide, flottante, transparente (J-M. Meurice). Bien que nettement différenciées, toutes deux traduisent un combat singulier, où l'effusion chromatique en appelle à l'énergie, duquel la couleur sort sublimée.
Ch. Cadu-Narquet