Textes de Ludovic Iacovo, Dorothée Volut, Christophe Cadu-Narquet
-Ludovic Iacovo
Extrait de " Là où flotte l'existence "
" Si l’expérience esthétique est toujours l’expérience d’un dessaisissement (quel qu’il soit), devant les œuvres de Claire Colin-Collin on se sent pris par le rythme d’une peinture toute en nuance, douce et violente à la fois. C’est une expérience sensible déclinée en tonalités affectives résonnant avec les couleurs déposées sur la surface, des couleurs en demi-teintes faites de rose ou de gris, de vert ou de mauve, diluées dans la lumière et ses variations, des couleurs donc qui ne sont jamais criardes mais qui s’expriment d’une voix douce et néanmoins persuasive."
-Dorothée Volut
Extrait de " sans titre "
" Alors j’ai vu qu’au fond de la gorge sèche, c’était l’eau du torrent qui coulait primitive avec la peinture de Claire. Qu’en matière de pont il faut laisser l’œil faire son travail et parfaire les ratures. Que le fil est cinglant, que la transparence est solide quand on s’approche du lit originel. Que l’eau y est glacée, l’argile molle. Que les rêves viennent la nuit, que le pont est sous l’eau. Et j’ai écrit : c’est pourquoi elle s’y jette, verticale. "
-Christophe Cadu-Narquet
Extrait de " Instants fossiles "
" Hiérarchisées et organisées en strates sédimentaires, elles [ les images de la pensées produites par Claire Colin-Collin ] ignorent la figuration et sont des allégories du monde qui respire. Partout il n’est question que de gouttes, de sources et lacs ; partout encore de mousses, de feuilles, de fleurs, d’arbres et forêts ; sans cesse de cailloux, de rochers, de sentiers, de collines et montagnes ; toujours de flammes, de braises, de cendres et d’étoiles ... Toutes choses qui ruissèlent, bourgeonnent, éclosent, jaillissent, cheminent et crépitent en nous ; éblouissantes réminiscences de la vie secrète du corps du monde. "
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